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Obstructions des canalisations : un incivisme persistant

Obstructions des canalisations : un incivisme persistant
Obstructions des canalisations : un incivisme persistant
26 août 2021

Les canalisations, construites pour évacuer les eaux de pluies et les eaux usées, sont, aujourd’hui, transformées en dépotoirs d’ordures à ciel ouvert. Elles sont souvent obstruées à cause des déchets qui y sont jetés. Un acte incivique que les Sénégalais appellent à bannir.

À Dakar, presque toutes les canalisations sont souvent bouchées à cause des comportements irresponsables de certains citoyens qui y jettent toutes sortes de déchets solides. La zone de captage, inondée lors des fortes précipitations, en dispose une. Laquelle a été curée, avant le début de l’hivernage. Mais, aujourd’hui, elle présente un visage hideux. On dirait qu’elle n’a jamais été nettoyée.  Un tour, ce mardi, sur les lieux, a permis de faire le constat. Les eaux noirâtres dégagent une odeur nauséabonde qui agresse les narines.

À l’intérieur, on déverse des sachets en plastique, des bouteilles, des pneus, des cadavres d’animaux, des chaises anglaises, des matelas entre autres déchets solides. « Tout ça est l’œuvre de gens qui sont aux alentours et des habitants du quartier », accuse Badou Sano, agent de la Sen Eau. Selon lui, certains Sénégalais font ce que bon leur semble sans se soucier des efforts consentis par l’État pour réaliser ces ouvrages. « Ces déchets freinent l’évacuation normale des eaux. L’État a beau curer ce bassin mais, tant que les gens n’arrêtent pas d’y déposer leurs détritus, le problème restera entier », dénonce-t-il avant de plaider pour l’élévation du mur de clôture.

Les alentours du bassin sont occupés par des mécaniciens, des taximen et des gargotières. Ils agressent systématiquement l’ouvrage.  Une toilette de fortune a même été érigée à côté du mur clôturant la canalisation.

Ses mèches bien nouées en queue de cheval, vêtue d’une robe velours assortie d’un gilet de l’Unité de coordination de la gestion des déchets solides (Ucg), Mlle Diatta est à l’œuvre. Elle ramasse les ordures qui jonchent le trottoir pour les déposer dans sa brouette. Elle ne comprend pas pourquoi les canalisations sont transformées en dépotoirs alors qu’il y a, dans chaque quartier, des camions qui passent régulièrement collecter des ordures. « Ici, à la zone de captage, le camion de ramassage des ordures fait trois rotations par jour. En sus, il y a des bacs à ordures un peu partout mais les gens préfèrent jeter leurs déchets dans la canalisation. C’est la raison pour laquelle tous les canaux sont bouchés à Dakar », regrette-t-elle. Avant d’ajouter : « Nos équipes sont sur le terrain de 7h30 à 3 heures du matin pour balayer régulièrement les rues et les ruelles parce que nous ne voulons pas les tas d’ordures. Mais le lendemain, quand on repasse, c’est comme si l’on n’avait rien fait », dénonce-t-elle.

Pour Mme Sall, trouvée en train de ranger des tissus dans sa boutique, la sanction est la seule chose qui pourrait aider à bannir ces faits. Car, à son avis, jeter des déchets dans les canalisations, n’est rien d’autre qu’un acte d’indiscipline qu’il faut réprimer. Malheureusement, relève-t-elle, « ceux qui commettent ces choses-là le font la nuit et il n’y a pas de gardiens pour surveiller les canalisations ». Sa thèse est appuyée par son époux, Mactar Sall qui l’aide à ranger les étoffes. Mieux, ce dernier pense qu’il faut qu’on sensibilise davantage les gens sur les comportements qu’un citoyen doit avoir pour une bonne gestion de la cité. « Parfois, on accuse à tort l’État. Ce sont les attitudes qu’il faut changer. Nous citoyens devons être les premiers à préserver les ouvrages qui ont été réalisés pour notre bien-être », explique-t-il.

                            Branchements clandestins 

En effet, pour bannir le mal, l’Office national d’assainissement du Sénégal (Onas) sensibilise les populations. C’est du moins ce qu’a fait savoir le Chef du département exploitation Abidine Diakhaté. À son avis, cette sensibilisation doit se faire de façon permanente afin d’avoir les résultats escomptés.

Selon lui, le comportement de certains usagers qui déversent directement les déchets solides dans les canalisations et le vol récurrent des plaques métalliques sont les principaux problèmes à l’optimisation du fonctionnement des ouvrages d’assainissement. « L’Onas a recruté 284 prestataires de services qu’il a positionnés dans les différents points bas qui sont identifiés. Ils dégagent, quand il pleut, les déchets solides pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie. Il y a des gravats qui sont déposés un peu partout et quand il pleut, ces gravats ou les déchets solides entrent dans les canalisations », note-t-il. Autre problème évoqué, ce sont des branchements clandestins pour l’évacuation des eaux usées à travers la canalisation servant à drainer les eaux pluviales. « Ce qui fait que, quand il pleut, le réseau d’eau usée est surchargé. Également, dans les zones où il n’y a pas de réseau de drainage des eaux pluviales, quand il pleut, les gens ouvrent systématiquement les regards d’égout. Ces eaux entrent dans le réseau d’eau usée en drainant le sable et tout ce qui est déchets solides », explique Abidine Diakhaté de l’Onas. Après chaque pluie, le nombre de bouchons journaliers passe à 300 par jour.

Source: 
LE SOLEIL