Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement

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Le projet d’assainissement de Cambérène lancé

Le projet d’assainissement de Cambérène lancé
Le projet d’assainissement de Cambérène lancé
12 septembre 2018

D’un coût d’environ 6 milliards de FCfa, le projet d’assainissement des eaux usées de Cambérène, qui entre dans le cadre du Programme d’assainissement de 10 villes du pays, a été lancé hier. Ces travaux qui dureront 18 mois vont améliorer le cadre de vie de 90.000 personnes. 

Les menaces d’une frange des jeunes de Cambérène n’ont pas prospéré. Certainement, ils ont été dissuadés par une forte présence policière au collège de Cambérène où s’est déroulée la cérémonie de lancement. Force est finalement restée à la loi. Prévue à 16 heures, le démarrage de la cérémonie a accusé un grand retard. C’est à 17 h45 m que le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, est arrivé sur les lieux, accompagné d’une forte délégation. Les populations de Cambérène et environs ont également pris part à la cérémonie. D’un montant d’environ 6 milliards de FCfa, les travaux qui vont durer 18 mois consistent à la réalisation de 44 km de réseaux d’eaux usées, de 8200 branchements sociaux domiciliaires, de deux stations de pompage, 50 édicules publics devant impacter 5000 élèves. A terme, ce projet contribuera particulièrement à améliorer les conditions de vie de plus de 90.000 personnes, notamment du village traditionnel, de Cambérène 2 et de la Cité des Nations unies. Ce projet d’assainissement de Cambérène s’inscrit globalement dans le cadre du Programme d’assainissement de 10 villes  financé à hauteur de 70 milliards de FCfa par l’Etat avec le concours de la Banque ouest-africaine pour le développement (Baod).

Pour le ministre de l’Assainissement,  ces travaux constituent une réponse aux nombreuses difficultés d’assainissement auxquelles les populations de Cambérène sont confrontées particulièrement pour la gestion des eaux usées.  La forte demande d’assainissement des habitants est devenue, selon lui, une demande sociale en raison de sa récurrence. «  La cité religieuse qui reçoit des centaines de milliers de fidèles durant l’année et surtout pendant l’Appel de Seydina Limamou Laye ne pourrait, à son avis, continuer de recevoir des déversements de toute sorte d’eaux usées domestiques, des eaux ménagères en pleine rue et des eaux issues de la vidange manuelle des fosses septiques »,    a argumenté le ministre Mansour Faye.  

A travers ce projet, le chef de l’Etat, a-t-il dit, a voulu donner une « bonne suite » à ses engagements auprès du khalife général des Layènes. C’est en ce sens que s’inscrit  ce projet d’assainissement des eaux usées qui participe à la modernisation de la cité religieuse. En plus des travaux déjà initiés dans la zone de Yoff relatifs à la réhabilitation et au raccordement du canal de Maguilène Senghor pour prévenir la cité religieuse des inondations, Mansour Faye a souligné que « ce programme permettra d’éliminer les rejets et la stagnation des eaux usées ménagères et de limiter l’exposition des populations au péril fécal ».  Au-delà de Cambérène, a-t-il ajouté, c’est toute la région de Dakar qui est en train de voir son cadre de vie amélioré par la réalisation de nouveaux projets, notamment les travaux d’assainissement de la Cité Soleil et environs, de la commune de Dalifort, ceux de Pikine-Est, de Rufisque qui viennent de démarrer. Prochainement, il s’agira, a-t-il annoncé, de lancer les travaux de dépollution de la baie de Hann, de renouvellement du système d’assainissement de la Médina, de Rebeuss, de Gueule Tapée ainsi que la restructuration du système d’assainissement de la Corniche ouest et du collecteur Fann-Hann.   

Non à l’obscurantisme

Le maire de Cambérène, Mame Amadou Samba, s’est réjoui de la concrétisation de cette « aspiration légitime » des populations de Cambérène attendue depuis fort longtemps. « De l’indépendance à nos jours, la cité religieuse vient d’entrevoir le bout du tunnel avec ce début de réalisation d’un système d’assainissement à l’égout tant espéré », a-t-il déclaré. « Depuis l’implantation de l’émissaire de l’Onas, en 1989, Cambérène reçoit stoïquement avec calme les eaux usées de l’agglomération dakaroise sans pour autant bénéficier d’un système d’assainissement », a relevé le maire. Plusieurs années durant, notre cité, capitale de la communauté layène, continue à se débarrasser de ses eaux usées avec un système moyenâgeux indigne de son statut. Selon lui, le président de la République vient de concrétiser une aspiration légitime des populations des Cambérénois en inscrivant la cité religieuse dans le Programme d’assainissement des 10 villes.

Le porte-parole du khalife général des Layènes, non moins son fils aîné Seydina Issa Thiaw Laye, le représentant du chef du village, Issa Niang, et le coordonnateur de la Communauté d’initiative pour la défense de l’environnement de Cambérène (Cidec), Seydina Issa Diop, se sont réjouis de l’avènement du projet. « Nous ne sommes pas partisans de l’obscurantisme. Cambérène est une cité dans la République. On ne peut pas être en marge de l’évolution du pays », a soutenu le porte-parole du khalife. Seydina Issa a aussi magnifié les nombreuses réalisations du président Macky Sall pour la communauté layène en l’espace de 5 ans. « Nous apprécions à sa juste valeur le choix porté sur notre cité, car les populations ont attendu depuis fort longtemps », a affirmé le représentant du chef du village tout en appelant les populations à entretenir les ouvrages qui seront réalisés et aux entrepreneurs à respecter le cahier des charges. Le ministre a enfin souligné que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour réaliser et pérenniser les infrastructures projetées de même que pour mobiliser des ressources supplémentaires nécessaires à la densification du réseau d’assainissement de toute la commune de Cambérène. Pour ce faire, il a invité les populations à accompagner le projet qui vise exclusivement à améliorer leur cadre de vie.

EMISSAIRE DE CAMBERENE

Les travaux de délocalisation démarrent avant l’année

Le maire de Cambérène a réitéré, hier, la « nécessité impérieuse » de délocaliser, dans les meilleurs délais, l’émissaire de Cambérène. « Cette plaie ne se cicatrisera qu’avec sa fermeture. Pour que tout le monde soit en paix, il faut le délocaliser », a déclaré Mame Amadou Samba qui s’exprimait au lancement du projet d’assainissement des eaux usées de sa commune. Son appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Dans la foulée, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, a assuré le démarrage, avant la fin de l’année, des travaux de délocalisation de l’émissaire de Cambérène. Il s’agira, a-t-il expliqué, « de tracer hors du village traditionnel et de réaliser une nouvelle canalisation d’une longueur de 4,5 km, évitant ainsi toute possibilité de retour de rejets déjà traités ». « C’était une préoccupation des populations que le chef de l’Etat va satisfaire », a-t-il dit. A cette occasion, le ministre a réaffirmé la priorité que le chef de l’Etat accorde à la modernisation des cités religieuses. « Sa volonté, a-t-il dit, étant de mettre les fidèles dans des conditions de pratiquer convenablement leur religion ». Il a salué l’intérêt que la cité religieuse accorde à l’amélioration de son cadre de vie et à l’émergence du pays. Par ailleurs, le maire a plaidé pour l’installation d’avaloirs des eaux pluviales au pond point Case-B à la mer. Pour cela, le ministre a dit instruire le directeur général de l’Onas pour trouver une solution.

Source: 
LE SOLEIL