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Une plateforme exceptionnelle sur les défis de l’assainissement

Une plateforme exceptionnelle sur les défis de l’assainissement
Une plateforme exceptionnelle sur les défis de l’assainissement
05 août 2020

ENTRETIEN : Lansana Gagny SAKHO, Directeur Général de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS)

Que signifie le 9ème Forum mondial de l'eau pour l'ONAS ?

Le 9ème Forum mondial de l’eau est, pour l’ ONAS une plateforme exceptionnelle d’expression sur les enjeux et défis du sous-secteur de l’assainissement. C’est une tribune qui devrait nous permettre de trouver des solutions innovantes pour le financement de l’assainissement et de dégager des propositions concrètes pour la meilleure prise en charge de l’assainissement.    

Nous pensons que ce Forum Mondial est aussi l’occasion de recentrer les questions de l’assainissement qui sont aussi prioritaires que celles liées à l’accès à l’eau. On oublie souvent qu’une bonne partie de l’eau potable se transforme en eaux usées qui sont transférées aux services de l’assainissement qui auront la charge de les traiter. Et l’OMS confirme que 80%  des eaux usées à l'échelle mondiale sont rejetées dans l'environnement sans traitement (Source : Forum Mondial de l’Eau de Brasilia). Par conséquent une meilleure prise en charge de l’assainissement doit être la sur priorité de tous les participants en général et des décideurs particulièrement.

Le Forum Mondial, c’est également un évènement mondial et une occasion importante pour le Sénégal à travers l’ONAS de partager ses expériences en matière de valorisation des boues de vidange avec l’Omni processor et de bonnes pratiques en matière de traitement des eaux usées.

Comment l’ONAS est-il impliqué dans le processus préparatoire et l'organisation du Forum?

L’ONAS a déjà pris part au Forum tenu au Brésil, c’est donc dire, que nous sommes impliqués depuis la présentation de la candidature du Sénégal. En plus de cela, les techniciens de l’ONAS ont travaillé sur la proposition des thématiques et des sous-thèmes. Au niveau sous régional, en ma qualité de vice-président de l’Association Africaine de l’Eau (AAE), je vous affirme que toutes les dispositions sont prises au sein de la dite association pour une contribution fructueuse, étant entendu qu’elle regorge en son sein de compétences capables de proposer des solutions tangibles et pertinentes aux problèmes du continent et d’alimenter la réflexion afin de faire face aux grands défis.

C’est dans ce cadre qu’un programme de sensibilisation et d’information a été déroulé pour un bon taux de participation de l’Afrique, pour une contribution des pays membres de la sous-région à soumettre des projets labellisés et réplicables en direction de Forum mondial de l’eau et inciter les membres à participer massivement au Forum. 

Un site web de l’ AAE-Sénégal a été également mis en place pour mieux partager les informations relatives à la tenue du FME.

L’ONAS mettra toutes les ressources nécessaires à la disposition du Secrétariat Exécutif du FME pour contribuer à la réussite de l’évènement.

Quelles sont vos attentes en considérant la mission et les objectifs de l'ONAS ?

Nous espérons qu’après ce Forum, notre pays mobilisera des ressources financières supplémentaires pour mettre en œuvre d’autres projets dans le but de couvrir davantage les besoins des populations. 

Nous avions organisé le vingtième Sommet de l’Association Africaine de l’Eau (AAE)-AFWA 2020, à Kampala en Ouganda du 24 au 27 février 2020. Nous pensons que les questions soulevées lors de ce sommet peuvent être remises sur la table pour essayer de trouver des solutions d’une part et d’autre part voir comment les recommandations du Sommet de Kampala peuvent être partagées. D’autant plus que la réalisation des ODD est toujours d’actualité et que beaucoup de pays africains sont confrontés à des problèmes similaires.

Nous devons partager des expériences pour gagner du temps et faire des économies de coûts pour accélérer la marche vers l’atteinte des objectifs. 

En somme, le Forum de Dakar revêt plusieurs enjeux pour le Sénégal et pour l’ONAS et c’est une opportunité pour l’ONAS de consolider ses relations avec ses partenaires classiques, de nouer de nouveaux partenariats. C’est aussi un moment pour nous de présenter nos projets emblématiques comme le Projet de Dépollution de la Baie de Hann, de montrer les bonnes pratiques en matière de valorisation des sous-produits d’assainissement. 

Nous avons commencé l’expérimentation de la délégation du service de la gestion des boues de vidange. Cette option a porté ses fruits. Nous dépensons moins pour l’entretien des stations. C’est un modèle que les autres pays peuvent capitaliser. Notre conviction est également que l’assainissement autonome est l’option qu’il faudra encourager. Nos Etats n’ont pas les moyens de raccorder tout le monde à l’égout. Si l’argent injecté dans l’assainissement collectif a été mis dans l’assainissement autonome, les pays africains auraient accompli des progrès significatifs.

Comment l'ONAS compte-t-il mobiliser ses partenaires pour qu'ils contribuent à la réussite du Forum ?

Je pense que certains de nos partenaires participent déjà au processus préparatoire. Il y a des partenaires qui ont beaucoup de choses à montrer, je pense notamment aux opérateurs privés dont certains gèrent les stations de boue de vidange. Il y a aussi d’autres organisations comme SpeakUpAfrica, Niel qui sont dans le plaidoyer qui prendront part activement au Forum. Donc, un travail de sensibilisation est déjà en cours. Je ne doute pas qu’à ce niveau, le pari de la mobilisation sera gagné. Dans ce secteur bien avant la pandémie, il y a eu beaucoup de rencontres, et des webinaires ont été tenus durant la pandémie.  Lors de ces rencontres, nous n’avons pas parlé spécifiquement du Forum Mondial, mais déjà, il y a une bonne dynamique qui fait espérer que nos partenaires joueront un rôle clé pour une organisation réussie de ce Forum. Le Sénégal occupe la Vice-présidence de l’Association Africaine de l’Eau, je crois que c’est un levier qui sera actionné pour mobiliser les compétences de l’AAE afin que ses experts participent au Forum. 

De plus, le Sénégal assure également la présidence de l'Association Panafricaine des Acteurs de l'Assainissement autonome (APAA) avec Monsieur Ibra Sow qui est également le président de l'Association des Acteurs de l'Assainissement du Sénégal (AAAS). L’APAA compte des membres dans 11 pays francophones et 07 pays anglophones.