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Projet de dépollution de la Baie de Hann L’acte de démarrage effectif des travaux signé 

Projet de dépollution de la Baie de Hann L’acte de démarrage effectif des travaux signé 
Projet de dépollution de la Baie de Hann L’acte de démarrage effectif des travaux signé 
27 mai 2020

Enfin le bout du tunnel. Le Projet de dépollution de la Baie de Hann renvoie  l’image d’un bateau qui sort d’une tempête, d’un tangage pour faire cap vers un horizon plus dégagé. La phase de tangage est terminée. Elle laisse  place au démarrage des travaux. La signature du contrat  entre le représentant de l’entreprise en charge d’un lot de travaux et le Directeur Général de l’ONAS, Monsieur Lansana Gagny SAKHO, le vendredi 22 avril 2020, à l’ambassade des Pays-Bas, au Sénégal marque un tournant décisif dans le processus de restauration de la baie. « Nous sommes sortis de la phase de signature de convention. Le contrat de que nous venons de signer, c’est pour le démarrage effectif des travaux du projet », a affirmé, le Directeur Général de l’ONAS. Une lumière jaillit au bout d’un long tunnel qui se mesure par le nombre de décennies d’incertitudes, de désespoir des communautés, de retrait des bailleurs…Aujourd’hui, un nouveau chemin est tracé. Il n’a rien à avoir avec les années d’incertitudes. Le nouveau cap est empreint d’engagement de tous, des bailleurs, de l’ONAS, et des communautés, bref tous  ont ramé dans la même direction et ont surtout franchi toutes les vagues d’obstacles. C’était une union sacrée pour tirer le navire ancré dans le bourbier. « L’AFD, la Coopération Néerlandaise, et l’Union Européenne, l’ONAS, nous avions oublié l’appartenance de nos institutions pour travailler à faire avancer ce projet. Il y avait une complicité entre les différents partenaires. A mon avis cette approche mérite d’être documentée. Nous devons tous apprendre de ce projet », a laissé entendre Monsieur Lansana Gagny SAKHO.  La restauration est aussi l’affaire des bailleurs, des partenaires.  D’autres comme le Chine vont prendre le train en marche. « C’est une première dans l’histoire qu’un pays comme la Chine s’engage dans ce genre de projet en Afrique de l’Ouest », magnifie le Directeur Général de l’ONAS. 

                                      500.000 personnes auront un nouveau cadre de vie 

Pour ce dernier, c’est l’un des projets les plus complexes que le Sénégal va exécuter depuis son indépendance. Si les étapes clés sont franchies,  c’est lié au fait que les partenaires partagent les convictions communes : la préservation de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie des populations qui vivent le long de cette frange de l’océan Atlantique allant du Port Autonome de Dakar jusqu’à Mbao en passant par Yarakh, Thiaroye Sur Mer. Au minimum plus de 500.000 personnes vivront dans un nouveau cadre avec des branchements à l’égout. Cerise sur le gâteau, elles retrouveront leur paradis perdu. « L’un des enjeux, c’est de redonner aux populations, cet écosystème, c’est d’améliorer leur. La baie de Hann était l’une des baies les plus belles au monde », a souligné l’Ambassadeur de la France au Sénégal, Son Excellence, Philippe LALLIOT. Le diplomate a relevé l’originalité de ce projet et aussi l’engagement de l’ONAS à travers son Directeur Général pour faire avancer le processus. 

« C’est un programme de 120 millions d’Euros. La première phase des travaux, c’est la collecte, la deuxième, c’est le traitement et la deuxième c’est le rejet en mer avec un ouvrage de 3 km. La première phase vient d’être lancée. Le recrutement de l’entreprise est en cours pour la deuxième phase. C’est un projet complexe et structurant qui va s’étaler sur trois phrase », a relevé le diplomate qui a décerné une note positive à l’approche adaptée par les différents partenaires. 

La restauration de cette baie reste un projet prioritaire pour le Royaume des Pays-Bas, qui a déjà apporté une contribution inestimable dans la préservation de l’environnement au Sénégal.  Donc, leur engagement, leur implication et leur contribution non remboursable de 20 millions d’Euros peuvent être rangés dans le registre de l’ordre naturel des choses. C’est une lapalissade de rechasser que la restauration des écosystèmes dégradés est une préoccupation des Pays-Bas. C’est à la limite un partenaire naturel du projet. « Le Royaume des Pays-Bas ont regagné le projet à une phase critique. Nous sommes venus comme le troisième partenaire. Nous nous sommes engagées parce ce projet s’aligne sur nos priorités au Sénégal. Nous soutenons tout ce qui est préservation de l’environnement, tout ce qui touche à la durabilité, aux questions liées à l’eau  », a rapporté la diplomate au cours d’une cérémonie restreinte imposée par le contexte de la pandémie du coronavirus.   

Son Excellence Philippe LALLIOT, ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie

« Nous allons ensemble relever le défi de la dépollution de la baie de Hann »

Le Sénégal peut compter sur la France pour relever le défi titanesque de la dépollution de la baie de Hann. Les assurances viennent de l’Ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie, son Excellence, Philippe LALLIOT, qui a rappelé qu’au cours de cet entretien, que son pays à travers l’AFD avait déjà en 2009 financé l’ensemble des études du projet et a soutenu le renforcement des capacités des différents acteurs du secteur de l’assainissement. 

 

Monsieur l’ambassadeur, pouvez-vous revenir sur la genèse du projet de dépollution de la baie de Hann ?

La France accompagne le projet de dépollution de la baie de Hann depuis sa conception. Pour relever ce défi titanesque d’assainissement, faire de la baie de Hann à nouveau l’une des plus belles baies du monde, et améliorer la situation sanitaire et économique des 500 000 habitants de la zone, le Sénégal peut compter depuis le début sur la France. En 2009, une première convention de financement a été signée entre l’Etat du Sénégal et l’AFD (ndlr : agence française de développement). Ces fonds ont permis de financer l’ensemble des études du projet et de renforcer les différents acteurs de l’assainissement et de la protection de l’environnement au Sénégal. La France a ensuite maintenu son appui financier. C’est un engagement au long cours.

 Où en est concrètement le projet aujourd’hui ?

Nous venons de participer à la cérémonie de signature du contrat pour la réalisation des travaux de l’intercepteur qui  collectera les eaux usées. Il s’agit en effet du premier ouvrage clé du projet de dépollution de la baie. Le deuxième sera la station d’épuration et le troisième l’émissaire en mer d’une longueur de 3 km pour rejeter les eaux traitées loin du rivage. En pratique, le marché de construction de l’intercepteur va démarrer en septembre et la mise en œuvre du système est prévue pour 2023.

La France est fière de pouvoir participer à ce projet porté par les autorités sénégalaises. Au travers de l’Agence Française de Développement (AFD), nous contribuons au financement du projet de dépollution de la baie de Hann pour un montant total de près de 46 Mds CFA (70 M€). Le projet mobilise également des financements de l’Union européenne et des Pays-Bas et témoigne de l’engagement profond des partenaires européens. Les premiers résultats sont là. Nous renouvelons aujourd’hui notre confiance en l’ONAS pour mener à bien ce programme indispensable à la préservation d’un cadre de vie sain dans la capitale sénégalaise.

Plus généralement, l’eau et l’assainissement sont des domaines prioritaires dans la politique française de développement…

Plus que jamais. La pandémie de Covid-19 rappelle le rôle essentiel de l’eau. L’accès à une eau propre est essentiel pour respecter les gestes barrières. Par ailleurs, un assainissement de qualité contribue à la lutte contre les épidémies et les maladies d’origine hydrique. L’accès pour tous à une eau propre et à un service d’assainissement satisfaisant, indispensable au bien-être des populations, est un des engagements de la France dans le monde entier. En ce sens, je suis heureux et fier que la France soit aux côtés de l’Etat du Sénégal en soutien à sa politique publique dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, avec un montant total d’engagement depuis 10 ans d’un peu plus de 270 M€ sur les thématiques de l’hydraulique urbaine, de l’assainissement collectif et autonome, de la gestion des inondations et de la promotion de la gestion intégrée des ressources en eau.

Je citerai trois autres domaines d’intervention prioritaires dans lesquels nous sommes engagés : l’hydraulique urbaine par la construction de la station de pompage et de traitement de Keur Momar Sarr 3 et le projet de sécurisation de l’eau à Dakar pour un montant total de 77 Mds FCFA (118 M€) ; la gestion des inondations par le projet Pikine Irrégulier Sud 2 pour un montant total de 42 Mds FCFA (65 M€) ; la promotion de la gestion intégrée des ressources en eau auprès de l’office de mise en valeur du fleuve Sénégal (656 MFCFA, soit 1 M€). Vous voyez que ce sont des sommes très importantes, au total environ 120 Mds FCFA (184 M€). Nous continuerons d’œuvrer dans ce secteur stratégique, notamment dans la perspective du Forum mondial de l’eau qui se déroulera en 2021 à Dakar.

Son Excellence, Joan Wiegman, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Sénégal 

« Le Projet correspond parfaitement aux priorités des Pays-Bas »

La dépollution de la baie de Hann s’aligne sur les priorités du Royaume des Pays-Bas au Sénégal, son Excellence, Joan Wiegman qui a rappelé leur contribution non remboursable de 20 millions d’Euros destinés à la restauration de la Baie de Hann. 

 

  1. 1. Le Royaume des Pays-Bas est l’un des partenaires stratégiques du Projet de  dépollution de la Baie de Hann. Pouvez-vous nous donner plus de détails au sujet de la contribution Néerlandaise ?

 

  • • L’implication du Royaume des Pays-Bas dans ce projet a débuté à la suite d’une demande que l’ONAS a adressée à notre ambassade en 2018. 
  • • Le projet avait alors atteint un stade critique. L'ONAS avait déjà l'AFD comme partenaire, mais la participation d’un tiers était encore requise pour boucler le financement. Heureusement, le projet correspondait parfaitement aux priorités des Pays-Bas, tel que l’environnement, la durabilité et l’eau. Grâce aux excellentes relations que nous entretenons avec le Sénégal, nous sommes rapidement parvenus à un accord de subvention avec le ministère des Finances qui s'est traduit par un don de 20 millions d'Euros. Cette subvention ne s’est donc pas identifiée à un crédit mais a pris la forme d’un don effectué dans le cadre du programme DRIVE (Development Related Infrastructure Investment Vehicle) qui est mis en œuvre par l’Agence néerlandaise pour l'entreprise (RVO).
  • • Avec ce projet, l’ONAS disposera d’une infrastructure apte à assainir les eaux usées de la Baie de Hann, de telle sorte qu’elle sera ainsi pourvue d’un environnement propre et sain, ô combien salutaire, cette évolution tant attendue est du reste plus urgente que jamais en ces temps de crise épidémique.

 

  1. 2. Pouvez-vous nous faire le point sur l’appui accordé par les Pays-Bas à l’Etat du Sénégal dans le domaine de la gestion des problématiques liées à l’environnement ?

 

  • • Le Sénégal et le Royaume des Pays-Bas ont travaillé ensemble dans le domaine de l'environnement durant de nombreuses années. De 2003 à 2014, les Pays-Bas ont fourni un soutien budgétaire sectoriel au Ministère l'Environnement et du Développement durable. Par la suite, nous avons commencé à financer des projets relatifs à des domaines spécifiques dans lesquels les Pays-Bas disposent d’une expertise avérée. Le projet de dépollution de la Baie de Hann en constitue un exemple, tout comme le projet de modernisation des filières horticoles.
  • • En outre, le Sénégal travaille avec notre Commission Néerlandaise pour l'Evaluation Environnementale en vue d’établir une évaluation environnementale stratégique des activités d'exploration et de production pétrolière et gazière offshore au Sénégal. Cette évaluation vise à permettre une exploitation du pétrole et du gaz qui soit à la fois source de bénéfices et respectueuse de l'environnement.
  • • Cette coopération en matière environnementale s’étend par ailleurs à d’autres domaines, à savoir l’énergie renouvelable, la protection côtière et l’économie circulaire. Aux côtés de l’Etat du Sénégal, les Pays-Bas ont ainsi financé l’installation de panneaux solaires destinés à favoriser l’accès à l’électricité de 120 postes de santé situés dans le bassin arachidier. Un réseau de postes de santé bien équipé est fondamental, surtout en cette période de COVID-19

 

  1. 3. Votre dernier mot Madame l’ambassadeur…

 

  • • Les Pays-Bas entretiennent d'excellentes relations avec le Sénégal depuis 1960. Cette année, nous souhaitions notamment célébrer l'anniversaire de cette relation spéciale lors de notre fête nationale, soit à l’occasion de l'anniversaire de notre roi. Malheureusement, cet évènement a été annulé pour les raisons que l’on sait. 
  • • La relation étroite qui nous unit, se manifeste, entre autres, à travers l’assistance respective que nous nous apportons sur la scène mondiale. Pour preuve, nous travaillons ensemble en matière de droit international ou d'adaptation au climat. Les deux pays se soutiennent mutuellement au sein des différents forums internationaux.
  • • Les Pays-Bas tentent également d'aider le Sénégal dans des domaines où nous sommes en mesure de nous prévaloir d’un certain savoir-faire. Si ce soutien consiste parfois en une transmission de connaissance, comme ce fut le cas à l’occasion de notre appui à l’élaboration des rapports d'impact environnemental, il peut également prendre une tournure résolument pratique telle qu’en atteste notre appui financier en faveur de la modernisation du port de Ziguinchor.

 

MONSIEUR, ABABACAR MBENGUE, MAIRE DE HANN-BEL AIR 

« Nous avançons doucement  mais sûrement vers la dépollution » 

Les élus locaux notamment les maires dont la collectivité est située sur le tracé de la baie de Hann sont impliqués dans le processus. L’ONAS les invite régulièrement à participer à leurs activités y compris les opérations de nettoyage. Au cours de l’une de  ces opérations de la maire de la  commune de Hann Bel Air, Monsieur Ababacar MBENGUE n’avait pas caché sa satisfaction par rapport au processus de mise en œuvre du projet. « Nous avançons doucement mais sûrement. Il y a une solidarité des maires de Thiaroye, de Mbao et de Hann-Bel Air sur ce projet », a magnifié Ababacar MBENGUE. La restauration de cette baie aura aujourd’hui une charge plus symbolique pour un pays qui est un géant de l’hydro-diplomatie et qui va accueillir le Forum Mondial de l’Eau en 2021. 

 

MONSIEUR ABDOULAYE POUYE, MAIRE DE MBAO 

 

« Les populations ont compris que ce projet ne comporte que des avantages pour elles »

Il y a plus de divergence sur les enjeux de la dépopulation de la baie de Hann, à Mbao en passant par Thiaroye. La preuve, les riverains et d’autres personnes sortent pour participer à des opérations de nettoyage. Cette forte mobilisation est la preuve selon le Maire de Mbao, Monsieur Abdoulaye Pouye qu’il y a une adhésion massive à la dépollution des populations qui ont longtemps attendu.  « Il y a une forte mobilisation des populations et de tous les quartiers de la commune de Mbao. Il y a des actions régulières dans cette plage. Aujourd’hui, des populations ont compris que la dépollution n’a que des avantages pour elles », a déclaré le maire de Mbao, Monsieur Abdoulaye POUYE, plus connu sous le nom de Obama, lors d’une opération de nettoyage de la plage dans sa commune.  

                                                                                                               

MONSIEUR NDIAGA NIANG, MAIRE DE THIAROYE SUR MER 

« Nous retrouverons notre beau cadre de vie avec ce projet »

C’est avec un cœur lourd que le Maire de Thiaroye sur Mer, Monsieur Ndiaga NIANG parle de la dégradation de la plus baie au monde. Il est bien placé pour décrire l’écosystème jadis le plus attrayant  de la planète. Dans le passé, pas si lointain, c’était le point de convergence des Sénégalais et des mariniers venus d’autres coins de la planète. La fréquentation des européens de ce site a laissé à la postérité, le quartier Hann-Marinas. Un flot de regrets sort de la bouche du maire de Thiaroye sur Mer. Mais il ne désespère pas. Il croit désormais que les conditions de la restauration sont plus que jamais réunies. « Nous remercions les bailleurs, et aussi le Président de la République, Macky SALL pour son engagement à restaurer cette baie pour l’intérêt des populations », a souligné le Maire de Thiaroye sur Mer. Pour ce dernier, les maires ont tout à gagner à accompagner le Gouvernement et l’ONAS dans l’exécution de ce projet. La transformation de leur cadre de vie est désormais dans l’ordre du possible. C’est l’autre enjeu de ce projet de grande envergure. « Nous aurons un autre cadre de vie. Le projet comporte que des avantages pour la population. Nous avons vu la restructuration a commencé à Hann et à Mbao, nous aussi nous attendons notre tour. Nous retrouverons notre beau cadre de vie avec la dépollution de cette baie », s’est exprimé le Maire de Thiaroye sur Mer.