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Monsieur Ibrahima Agne, Président du Conseil d'Administration de l'ONAS : « C’est impérieux de trouver des ressources additionnelles pour soulager les charges d’exploitation » 

Monsieur Ibrahima Agne, Président du Conseil d'Administration de l'ONAS : « C’est impérieux de trouver des ressources additionnelles pour soulager les charges d’exploitation » 
Monsieur Ibrahima Agne, Président du Conseil d'Administration de l'ONAS : « C’est impérieux de trouver des ressources additionnelles pour soulager les charges d’exploitation » 
06 mars 2020

L’exécution du projet des 10 villes en cours dans les régions, le plan directeur d’assainissement dans les 45 départements du Sénégal en cours de réalisation, la mise en œuvre du programme de 100 000 latrines sur financement de la Banque Mondiale illustrent à suffisance la décentralisation des services de l’assainisse- ment sous le magistère du Président de la République, 

Son Excellence, Macky SALL. C’est la conviction du Président du Conseil d’Administration de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), Monsieur Ibrahima AGNE. Au cours de cet entretien, il a soutenu qu’il est impérieux de trouver des ressources alternatives et additionnelles pour soulager les charges d’exploitation de l’ONAS. 

 

1) Monsieur le Président du Conseil d’Administration de l’ONAS, beaucoup d’ouvrages sont en train d’être réalisés à l’intérieur du pays. Peut-on dire que l’accès aux services d’assainissement est en train d’être décentralisé ? 

Oui ! j’estime que l’ONAS a bien renforcé la démocratisation de l’accès aux services de l’assainissement en privilégiant l’accès à toutes les couches de la population sans exclusion aucune à travers toutes les localités du Sénégal. On peut citer quelques exemples à titre illustratif. 

Le projet des 10 villes qui se réalise dans 10 régions ;

Le plan directeur d’assainissement dans les 45 départements du Sénégal en cours de réalisation ;

Le programme en cours de 100 000 latrines sur finance-
ment de la Banque Mondiale ;

Le projet de travaux de branchements sociaux dans les
villes assainies.

Ces projets montrent à suffisance que l’assainissement est en train de se démocratiser depuis l’avènement du Président Macky SALL en 2012. 

2) Peut-on dire que l’assainissement n’est plus le parent pauvre du secteur au regard du volume des investissements ?    

Vous conviendrez avec moi que l’assainissement est un sous- secteur qui requiert des investissements lourds et très coûteux. L’Etat a fait des progrès considérables dans ce domaine. En effet, le volume d’investissements consentis depuis 2012 est impressionnant au regard des chiffres même si on peut dire et reconnaître qu’il reste du chemin à faire. Nous pouvons citer l’exemple du Programme décennal de lutte contre les inondations estimé à 700 Milliards FCFA sur financement du BCI de 2012 – 2022. Pour la période 2012 – 2019, le budget d’investissement et la contrepartie des bailleurs sur le BCI s’élèvent approximativement à 61 milliards. Il y a également l’accompagnement des partenaires techniques et financiers à travers des projets d’envergure comme le programme de structuration du Marché des boues de vidange avec la Fondation Bill et Melinda Gates et le projet de la dépollution de la baie de Hann.

3) Beaucoup de projets ont été financés par les bailleurs. Est-ce que c’est une marque de confiance que les partenaires accordent à l’ONAS ?

L’évolution des financements mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers a connu une avancée significative pour la réalisation des projets structurants comme celui de la dépollution de la baie de Hann et la dépollution nord. Pour la période 2016-2020, les partenaires techniques et financiers ont financé des projets à hauteur de 300 Milliards de francs Cfa pour la réalisation des projets d’assainissement comme le projet des dix villes, la dépollution de la baie de Hann et la dépollution nord ville de Dakar. Si on mesure le niveau d’investissements réalisés entre 2016-2020, je peux dire sans risque de me tromper que l’ONAS inspire confiance aux bailleurs.

4) Est-ce qu’il ne faudrait pas plus de ressources financières pour assurer une gestion optimale des ouvrages ?

Effectivement ! L’entretien des ouvrages est très coûteux. Pour rappel, le compte d’exploitation de l’ONAS est déficitaire depuis plusieurs années en moyenne de 5 milliards par an. Avec le niveau de progression ou d’accroissement des ou- vrages à entretenir, il y’a une impérieuse nécessité de trouver des ressources alternatives et additionnelles pour soulager les charges d’exploitation et permettre à l’ONAS d’offrir aux populations un service d’assainissement de qualité. Un plaidoyer fort a été porté par le Conseil d’Administration et adressé au Président de la République pour la révision à la hausse le niveau de la redevance. Le Conseil a bon espoir de l’issue positif de ce plaidoyer et qu’une solution pérenne soit trouvée pour l’équilibre financier de l’ONAS. 

5) En dépit de ces acquis, quels sont les chantiers prioritaires qui méritent d’être investis ? 

En termes de priorisation et de renforcement dans la prise en charge des missions de l’ONAS, le Conseil d’Administration souhaiterait que l’accent soit mis sur la planification (Plan Di- recteur d’Assainissement) dans tous les départements et la re- cherche de financement avec les bailleurs. 

Il faut également ajouter le développement de l’assainissement autonome qui permettra de mieux prendre en charge les préoccupations de la majorité des populations car dans nos pays, l’assainissement collectif est un luxe parce qu’il coûte très cher. 

Je m’attends à de bonnes perspectives avec l’augmentation de la redevance avec le nouveau fermier.
Pour assurer un bon fonctionnement du service de l’assainissement, il faut impérieusement d’une part, accroitre la redevance, chercher des ressources additionnelles en instaurant des taxes sur les constructions nouvelles ou existantes, la taxe sur la pollution, la participation des communes à l’exploitation des infrastructures d’eaux pluviales) et d’autre part, mettre le focus sur la maitrise des charges pour la survie de l’ONAS.